Franc CFA : Emmanuel Macron se dit prêt à l’abandon de la monnaie pour un « partenariat nouveau »

Le président français, Emmanuel Macron, a réaffirmé la volonté de la France de sortir de la stratégie du « pré carré » en Afrique. Dans un entretien exclusif, il ouvre grand la porte à une réforme profonde, voire à l’abandon définitif du Franc CFA, laissant la main aux instances africaines pour construire leur propre souveraineté monétaire.

La fin du Franc CFA ? Macron passe le relais à la CEDEAO

Après des années de critiques cristallisées autour de la « monnaie coloniale », la France affiche une position de retrait stratégique. Emmanuel Macron rappelle qu’en 2019, l’idée de réformer ou d’abandonner le Franc CFA était déjà sur la table. Pour le dirigeant français, l’heure est désormais à l’action du côté africain.

« Il appartient désormais à la CEDEAO et à l’UEMOA, qui ont tous les outils pour le faire, de construire une intégration monétaire. Je leur souhaite de réussir », a-t-il déclaré, marquant une rupture avec l’ancienne politique d’influence. Cette déclaration intervient alors que le projet de la monnaie unique Eco accuse plusieurs retards malgré la volonté de substitution exprimée par de nombreux pays de la région.

Vers une « révolution » des relations franco-africaines

Outre la question monétaire, Emmanuel Macron souligne les efforts de la France pour bâtir un partenariat équilibré, notamment à travers la restitution des biens culturels.

  • Restitutions historiques : Le 7 mai 2026, le Parlement français a adopté à l’unanimité une loi permettant de continuer le retour des biens pillés pendant la colonisation.
  • Pays concernés : Le processus a déjà débuté avec le Bénin, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Une stratégie de « rupture » assumée

Le président français reconnaît que les « non-dits » du passé empêchaient d’avancer. Sa nouvelle stratégie repose sur l’acceptation des aspirations souverainistes africaines. En donnant la latitude totale aux instances africaines pour réformer leurs outils monétaires, Paris tente de désamorcer les tensions et de transformer une histoire commune en un destin lié par la coopération plutôt que par la tutelle.

Reste désormais à savoir si les institutions régionales sauront saisir cette ouverture pour accélérer la mise en œuvre d’une monnaie souveraine, répondant aux attentes des populations d’Afrique francophone.

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