A propos de la date des examens


Malgré la récurrence de la grève des enseignants de l’école publique, les pertes liées au volume horaire pourraient être estimées autour de 30 à 40 jours dus et l’Etat n’a cure de reconsidérer la date des examens, celui du baccalauréat étant prévu pour le 30 du mois de juin.

Curieusement; cela n’effraie personne et tout le monde s’en accoilà encore par mille être donnée la preuve que l’école est le cadet des soucis de ceux qui sont censés s’en occuper. Comment admettre que les syndicats aient pu suspendre leur mot d’ordre sans avoir réfléchi auparavant sur un calendrier réaménagé qui puisse préparer les apprenants à reprendre le chemin de l’école avec sérénité ? Pourquoi les parents ont-ils accepté que leurs enfants rejoignent les salles de classes sans être édifiés avec clarté sur les conditions et le déroulement des enseignements à recevoir ? Les psychologues conseillers, mesurent-ils l’ampleur sur désastre psychologique des candidats sur l’angoisse de l’échec et l’impréparation psychologique source de découragement et de démotivation ? Faut-il faire des examens pour dérouler un calendrier républicain ou évaluer avec sérieux des compétences acquises sur la base des enseignements prodigués ?


Autant de questions nous interpellent sur une négligence collective qui est loin de nous inquiéter par rapport à notre devenir, à l’accomplissement intellectuel et psychosocial de nos apprenants. L’école passe ainsi pour un abattoir intellectuel et un mouroir pour les talents et non pas un laboratoire pour les génies.


Le mois de juin est exceptionnel pour être celui de la coupe du monde à laquelle participe notre vaillante équipe nationale. Vous devinez que la fibre patriotique n’ayant ni âge, ni statut, l’attractivité de l’événement est un facteur de dispersion. Or, en plus des apprentissages à consolider et du vaste programme à terminer, il y a des révisions à faire. En si peu de temps, peut-on faire des exploits, la Tabaski étant un moment de réjouissance qui bloque le temps essentiel du travail ? Au lieu de mettre en sellette les politiciens perdus dans leur petites guerres d’ego et leurs calculs d’arrivistes, ne faudrait-il pas nous arrêter pur réfléchir sur le parcours des futures élites à former ?


Alioune Diéry Niane

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