Le Président Bassirou Diomaye Faye a acté une réforme majeure en prolongeant le congé de maternité à 18 semaines. Si cette décision est saluée par les mères de famille, elle suscite une inquiétude légitime : le risque de voir la précarité des femmes salariées s’aggraver dans le secteur privé.
Un soulagement physiologique pour les mères sénégalaises
L’annonce de l’allongement du congé de maternité à 18 semaines répond à une demande pressante des travailleuses. Pour Mariama Kouyaté (nom d’emprunt), cette réforme est une nécessité absolue face aux réalités du post-partum.
« La maternité est très pénible et deux mois ne suffisent pas pour récupérer et s’occuper d’un nouveau-né qui passe souvent ses nuits à pleurer », témoigne-t-elle. Cette prolongation vise ainsi à offrir aux mamans le temps nécessaire pour stabiliser leur santé et celle de leur enfant avant de reprendre le chemin du bureau.

Quand la maternité devient un motif de licenciement déguisé
Malgré l’enthousiasme, la réalité du terrain dans le secteur privé est parfois brutale. De nombreux employeurs perçoivent encore la grossesse comme un frein à la productivité.
- Témoignage de Mariama : Licenciée sous un faux prétexte dès qu’elle a annoncé sa grossesse, son employeur souhaitant s’épargner le paiement des congés.
- Témoignage de Mame Diarra Faye : Mère de trois enfants, elle raconte n’avoir jamais été recontactée par ses supérieurs après ses accouchements, illustrant un système de « licenciement silencieux ».
Mame Sira Konaté, activiste féministe, tire la sonnette d’alarme : « Il faut bien encadrer cette loi avant sa promulgation pour éviter qu’elle ne devienne un piège menant au licenciement des femmes enceintes ».
L’avis de l’expert : « La loi protège la femme salariée »
Face à ces dérives, Ahmadou Diagne, spécialiste en Ressources Humaines à l’hôpital Albert Royer, tient à clarifier le cadre légal :
- Impact financier nul pour l’entreprise : C’est la Caisse de Sécurité Sociale qui prend en charge les indemnités de couches, se substituant ainsi à l’employeur.
- Suspension du contrat : Le congé de maternité suspend le contrat de travail ; aucun licenciement ne peut être légalement prononcé durant cette période.
- Appel à la dénonciation : En cas d’abus, les victimes doivent impérativement saisir l’inspection du travail.
Un besoin de protection juridique renforcé
L’allongement à 18 semaines, bien que salué comme une étape historique sous l’ère du Président Faye, doit impérativement s’accompagner de mesures de contrôle strictes. Pour que ce « cadeau » ne soit pas empoisonné, la loi devra garantir une protection infaillible contre les licenciements abusifs, assurant ainsi que la joie de la maternité ne soit plus synonyme de fin de carrière au Sénégal.





