Darou Thioub: Ouverture de la voie Terminus 84 lundi, mais les habitants réclament des mesures urgentes contre les inondations

Réunis ce dimanche dans une forte mobilisation devant la pharmacie Mariama Bintou Rassoul, les habitants de Darou Thioub et des autres quartiers environnants ont salué l’annonce de l’ouverture, dès ce lundi, de la voie Terminus 84 par PROMOVILLES. Une bonne nouvelle qui ne fait toutefois pas oublier l’urgence : les inondations et l’enclavement qui paralysent toute la zone dès qu’il pleut.

L’espoir renait à Darou Thioub. Après plus d’un an d’enclavement, les populations ont obtenu l’assurance de PROMOVILLES concernant la réouverture de la voie Terminus 84 dès ce lundi. Une annonce accueillie avec soulagement par les habitants des Cités Oasis, Port, Ancar, Air France, Awa Dia, SIKAP, Mbaba Guissé et du village de Darou Thioub. Mais la satisfaction est mesurée. Pour les 18 quartiers représentés par le comité local de développement, le plus dur reste à faire.

C’est le constat dressé par Moussa Sow, délégué de la Cité Oasis et coordonnateur du comité.
« Le problème que nous avons, c’est un problème lié aux voies d’accès d’abord. Quand il pleut ici, on ne peut pas entrer, on ne peut pas sortir. La seule voie de contournement qui est là, là où nous sommes, n’était pas encore finalisée », a-t-il expliqué.

Au-delà de l’enclavement, ce sont les inondations qui font le plus peur. Maty Niang, habitante de Darou Thioub, témoigne d’un quotidien devenu invivable.
« Rien que ce matin, je suis passée à travers la boue. J’ai marché dans la boue jusqu’à ce que des gens me disent : ‘Madame, qu’est-ce qu’il y a ?’ J’ai eu peur et j’ai failli me blesser au niveau du ventre. »Pour elle, le problème est aussi économique.
« Un licenciement peut en découler, d’autres problèmes peuvent arriver… Alors qu’on doit tous se dire la vérité : nous avons de la famille à charge ! On a une famille à nourrir ! », s’indigne-t-elle.

Les populations saluent les démarches, mais exigent des actes concrets. Elles rappellent la visite de Guy Marius Sagna il y a deux ans, restée sans suite.
« Dire les choses, c’est bien. Parler, tout le monde peut le faire. Mais il est temps d’agir », lance Maty Niang.Le message des jeunes est encore plus direct : « Soit ils prennent les choses en main, soit nous allons adopter d’autres plans d’action pour que les gens puissent sortir travailler en toute sécurité et revenir en toute sécurité ».
« Si leurs paroles ne sont pas respectées, nous les jeunes, nous saurons par la suite comment nous engager pour nous protéger nous-mêmes », préviennent-ils.

Moussa Sow appelle l’Agence de Développement Municipal et les autorités à agir vite. Il demande la mise à disposition immédiate de matériel de pompage et la libération des bassins de rétention bloqués par un promoteur.
« Il faut informer les populations avant la dispersion pour décider ensemble du prochain plan d’action si les promesses ne sont pas tenues », a-t-il conclu. Faute de réaction rapide, de nouvelles familles risquent de se retrouver déplacées.

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