Le traditionnel « ndogou » offert par le PrĂ©sident Bassirou Diomaye Faye aux dĂ©putĂ©s de Pastef a tournĂ© au grand dĂ©ballage. Entre dĂ©ception, soupçons de rupture politique et fixation sur 2029, la dĂ©putĂ©e Awa Sy lĂšve le voile sur une rencontre oĂč la tension Ă©tait palpable.
Une prĂ©sence sous fond d’inquiĂ©tude
InvitĂ©e au Palais ce vendredi, la dĂ©putĂ©e Awa Sy a longuement hĂ©sitĂ© avant d’honorer l’invitation du chef de l’Ătat. Si elle s’y est finalement rendue, c’est avec un objectif prĂ©cis : confronter la version du PrĂ©sident Ă celle d’Ousmane Sonko.
« Je suis trĂšs déçue », lĂąche-t-elle d’emblĂ©e au sortir de la rencontre.

Le divorce politique : La Coalition contre le Parti ?
Le point de rupture semble cristallisĂ© autour de la coalition « Diomaye PrĂ©sident ». Selon Awa Sy, le chef de l’Ătat semble vouloir privilĂ©gier ses nouveaux alliĂ©s de 2024 au dĂ©triment des « patriotes » de la premiĂšre heure (2014). « Pourquoi accorder autant dâimportance Ă une coalition arrivĂ©e en 2024, alors que le combat date de bien avant ? », s’interroge la parlementaire, qui accuse le PrĂ©sident de vouloir absorber Pastef dans une structure Ă©largie.
Le cas Mimi Touré et Aïda Mbodj
Interpellé sur la restructuration de sa coalition, Bassirou Diomaye Faye a apporté des précisions de taille :
- Aminata TourĂ© : Elle n’est pas prĂ©sidente mais « superviseure ». Le PrĂ©sident affirme que ce sont des membres de Pastef qui ont sollicitĂ© son aide.
- AĂŻda Mbodj : Le chef de l’Ătat soutient l’avoir sollicitĂ©e pendant trois mois pour restructurer la coalition, sans succĂšs.
L’ombre de 2029 plan sur le Palais
Le moment le plus tendu de la soirĂ©e fut sans doute l’Ă©vocation de la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle. Les dĂ©putĂ©s prĂ©sents ont exigĂ© un soutien clair Ă la candidature d’Ousmane Sonko pour 2029. La rĂ©ponse du PrĂ©sident, demandant de ne pas ĂȘtre jugĂ© alors qu’il n’a pas encore fait deux ans de mandat, n’a pas convaincu.
« Nous nous sommes battus pour lâĂ©lire Ă cause de Sonko. S’il n’y avait pas l’accord de Sonko, je ne serais pas allĂ©e Ă ce ndogou », martĂšle Awa Sy, rĂ©affirmant sa loyautĂ© absolue au Premier ministre : « Je suis PRO Sonko, et je le resterai. »
Un dialogue de sourds ?
Malgré les explications du Président sur ses absences répétées aux cÎtés de son mentor (raisons de santé ou calendrier international), le fossé semble se creuser. Pour Awa Sy et plusieurs de ses collÚgues, le Président a « pris sa propre voie ». Une situation qui annonce des jours mouvementés au sein de la mouvance présidentielle.
