Le système éducatif sénégalais est en proie à une crise profonde et persistante. Les enseignants insatisfaits, les autorités étatiques corrompues, les parents d’élèves complices silencieux… Tous sont responsables de la faillite de notre école publique.
En tant qu’acteur engagé dans l’école publique, je constate avec amertume que le système éducatif sénégalais est un leurre institutionnel assis sur une hypocrisie socioculturelle et une imposture intellectuelle inqualifiable. Les autorités s’intéressent plus aux chiffres et aux pourcentages qu’à la qualité de l’enseignement. Les parents et la société acceptent que l’école soit une mode plutôt qu’un mode de vie.

Les conséquences sont désastreuses : des classes pléthoriques, des résultats médiocres, une crise de l’emploi qui justifie le déclin de la qualité de l’enseignement. Les enseignants de vocation se remettent en cause, tandis que les enseignants de circonstance se défaussent sur les parents et l’Etat.
Mais qui sont les véritables victimes de cette crise ? Les apprenants, bien sûr, mais aussi et surtout le Sénégal tout entier. Car le temps du travail rompu nous situe hors du circuit de compétition qui engage les pays en quête d’émergence.
Il est temps de réagir, de prendre des mesures radicales pour sauver notre école publique de la faillite. Il est temps de mettre fin à l’hypocrisie, à la corruption et à l’imposture qui rongent notre système éducatif.
Le Sénégal mérite mieux que cela. Nos enfants méritent mieux que cela.
