L’affaire Softcare continue d’alimenter les débats sur la toile, après la diffusion massive d’un enregistrement audio de six minutes attribué à Moussa Diallo, directeur de l’Inspection, de la Surveillance du marché et des Vigilances à l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP). Cet audio, devenu viral, contient des accusations d’une extrême gravité, suscitant une vive inquiétude au sein de l’opinion publique.
L’affaire semble désormais prendre une nouvelle tournure avec l’entrée en scène des associations de défense des consommateurs. Me Massokhna Kane, président de SOS Consommateurs, tape du poing sur la table en annonçant le dépôt de plaintes auprès du procureur de la République et de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), dans le but de faire toute la lumière sur ce dossier.
Selon l’avocat, la situation actuelle constitue un danger réel pour la population. Malgré la saisine du ministère du Commerce, il estime désormais indispensable de porter l’affaire devant la justice.
Une pression supplémentaire qui vient s’ajouter à un climat déjà tendu. De son côté, Momath Cissé, vice-président de l’Ascosen (Association des consommateurs du Sénégal), s’est également prononcé. Il interpelle le ministre de tutelle et l’exhorte à réagir rapidement afin de situer les responsabilités. Une démarche qu’il juge nécessaire, d’autant plus que l’affaire touche à un enjeu de santé publique majeur.
Dans son intervention, le vice-président de l’Ascosen invite par ailleurs l’inspecteur Moussa Diallo à déposer une plainte afin de clarifier cette affaire qu’il qualifie de scandale économique et sanitaire.
Face à la polémique, la société Softcare est finalement sortie de son mutisme à travers un communiqué. L’entreprise estime nécessaire d’apporter des éclaircissements face à ce qu’elle considère comme des informations inexactes largement relayées sur les réseaux sociaux. Elle affirme faire confiance au gouvernement du Sénégal et au groupe d’enquête mis en place :
« Notre société collaborera pleinement avec le gouvernement dans ses travaux et dispositions. Nous appelons également tous les secteurs de la société à attendre patiemment le rapport d’enquête officiel et à s’en remettre aux conclusions finales », souligne le communiqué.
Par ailleurs, Softcare avertit que, face aux « diffamations, dénonciations calomnieuses et rumeurs infondées » circulant sur les réseaux sociaux, elle se réserve le droit d’user de tous les moyens légaux pour défendre ses intérêts et engager, le cas échéant, des poursuites judiciaires.
Enfin, l’entreprise rappelle que le Sénégal est un État démocratique et de droit, où nul ne doit être inquiété ou voir ses intérêts lésés sans fondement légal.
Par Ramatoulaye Diouf
