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Macky Sall et l’ambition onusienne : Le paradoxe d’un destin loin du Sénégal

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Désormais loin des rives du fleuve Sénégal. Entre les salons feutrés de Marrakech et les chancelleries d’Afrique de l’Est, l’ancien président du SENEGAL semble avoir choisi l’exil d’opportunité plutôt que le retrait républicain.

Une extraction calculée : Le choix de Marrakech

Il y a des départs qui sont des pauses, et d’autres qui sont des stratégies. Le départ de Macky Sall n’a jamais été un simple retrait ; c’était une extraction. Une disparition calculée au moment précis où le sol sénégalais devenait trop instable pour y marcher sans rendre de comptes.

Le choix de Marrakech n’est pas anodin : assez loin pour échapper à la pression nationale, assez proche pour rester au cœur des salons diplomatiques. Pendant que le Sénégal se débat avec la dette et une recomposition politique majeure, l’ancien chef d’État change de registre pour devenir un opposant frontal au régime actuel, utilisant tous les moyens à sa disposition.

Le Secrétariat Général de l’ONU : L’onction internationale comme refuge ?

La candidature supposée de Macky Sall au poste de Secrétaire Général de l’ONU apparaît comme l’aboutissement logique d’une vision verticale du pouvoir. La logique semble être la suivante : quand le peuple conteste, on s’adresse au monde ; quand la nation questionne, on cherche l’onction internationale.

Le fait d’être porté par un autre État africain constitue un contournement politique assumé. En évitant soigneusement de passer par Dakar, l’ancien président suggère que la scène internationale serait un tribunal plus indulgent et moins exigeant que le débat démocratique interne. C’est une négation subtile de la souveraineté populaire : si l’ONU valide, alors le Sénégal devra se taire.

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L’obstacle de la réalité : Un pays fracturé derrière soi

Pourtant, cette ambition se heurte à une réalité brutale. On ne devient pas le gardien du multilatéralisme avec un pays fracturé derrière soi. Le monde diplomatique apprécie rarement les candidats qui exportent leurs conflits internes sous couvert de grandeur universelle.

Accusé d’avoir durci le jeu politique et laissé une situation financière opaque, Macky Sall tente une sanctuarisation internationale face à un procès politique national qui n’est pas encore terminé.

Un « sabotage symbolique » face à la nouvelle ère ?

Le plus ironique reste le contraste avec la ligne portée par le nouveau pouvoir. Alors qu’Ousmane Sonko tente de redéfinir la place du Sénégal — parlant à l’AES tout en restant dans l’UEMOA — la candidature de Macky Sall agit comme un sabotage symbolique. Elle tente de réintroduire l’ancien régime par le haut, au moment même où le pays essaie d’en tourner la page par le bas.

La responsabilité nationale face à la grandeur mondiale

Peut-on réellement effacer les traces laissées derrière soi par la simple hauteur d’une institution internationale ? Aucun immeuble, fût-il onusien, ne permet d’échapper à son propre pays. Si cette quête de l’ONU se confirme, elle posera une question fondamentale sur notre époque : celle de ces dirigeants qui pensent pouvoir solder leur bilan national par une consécration internationale.

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